Certaines rencontres changent une vie.
Quand je regarde les grandes étapes de ma vie, je réalise qu'il y a presque toujours quelqu'un au début de l'histoire.
Une enseignante qui, lorsque j'avais douze ans, a cru en moi à un moment où je n'étais probablement pas encore capable de le faire moi-même. Un maître d'apprentissage qui est devenu un modèle. Une rencontre en Espagne qui m'a conduit quelques mois plus tard de l'autre côté de l'Atlantique. Une femme avec laquelle j'ai partagé plusieurs années de ma vie et qui a joué un rôle important dans mon passage vers l'indépendance professionnelle.

Il y en a eu beaucoup d'autres. Certaines ont duré quelques minutes, d'autres plusieurs années. Certaines personnes sont encore dans ma vie aujourd'hui, d'autres ont disparu depuis longtemps.
Mais quelque chose d'elles est resté.
Avec le temps, j'ai compris que nous racontons souvent notre vie à travers nos décisions : les études que nous avons faites, les métiers que nous avons choisis, les endroits où nous avons vécu, les projets que nous avons entrepris.
Pourtant, derrière beaucoup de ces décisions, il y avait d'abord une rencontre.
Combien de choses importantes dans notre vie n'auraient tout simplement jamais existé si, un jour, nous n'avions pas rencontré quelqu'un ?

Pourtant, rencontrer les autres n'a pas toujours été simple pour moi.
Il serait facile de raconter aujourd'hui cette histoire comme si j'avais toujours aimé aller vers les autres.
Ce serait faux.
J'ai longtemps été quelqu'un de réservé. Plus jeune, je pouvais me retrouver dans une soirée, remarquer une personne que j'aurais aimé connaître et passer une bonne partie de la soirée à chercher le courage d'aller lui parler.
Je réfléchissais à ce que j'allais dire. Au bon moment. À ce qu'elle penserait de moi. Et plus je réfléchissais, moins je bougeais.
Puis la soirée se terminait.
Je rentrais parfois avec cette étrange frustration que beaucoup connaissent : rien ne s'était passé, mais quelque chose aurait peut-être pu se passer.
Avec les années, ma manière d'être en relation a profondément évolué. Mais je n'ai pas oublié cette sensation.
C'est probablement pour cela qu'aujourd'hui encore, lorsque je vois quelqu'un seul dans un groupe, quelqu'un qui hésite ou qui ne sait pas comment faire le premier pas, je ne vois pas quelqu'un qui « manque de compétences sociales ».
Je reconnais simplement quelque chose que j'ai moi-même connu
J'ai ensuite passé près de vingt ans à observer ce qui se passe lorsque les barrières tombent.
Ma vie professionnelle m'a amené à travailler pendant près de vingt ans avec des groupes autour de la communication, du comportement et des relations humaines.
Et au fil des années, j'ai découvert quelque chose d'assez simple sur moi-même : j'aime mettre les gens en relation.

J'aime ce moment où des personnes qui ne se connaissaient pas quelques heures ou quelques jours auparavant commencent à oublier qu'elles étaient des inconnues.
Au début, chacun arrive avec son histoire, son image, ses protections et ses premières impressions. Puis quelque chose se passe. On échange. On rit. On découvre ce qui se cache derrière les apparences.
Les barrières commencent à tomber.
Et il m'est arrivé souvent d'observer des personnes découvrir avec beaucoup de plaisir quelqu'un auquel elles n'auraient probablement jamais parlé spontanément.
Ce qui m'intéressait n'était plus seulement ce que les participants apprenaient avec moi.
C'était aussi ce qu'ils découvraient les uns grâce aux autres.
Et peut-être que, sans le savoir encore, une partie de White Hat était déjà là.

Pendant ce temps, notre manière de nous rencontrer changeait.
Je viens du monde de l'informatique. Je ne crois donc pas que le numérique soit l'ennemi.
Il nous permet des choses extraordinaires. Il rapproche des personnes qui vivent à des milliers de kilomètres, maintient des liens qui auraient autrefois disparu et nous donne accès à une quantité incroyable de personnes et d'idées.
Mais au fil des années, j'ai commencé à observer un paradoxe.
Nous n'avons jamais eu autant de moyens d'être connectés. Et pourtant, être réellement disponible à la personne devant nous semble parfois être devenu plus difficile.
Il suffit d'observer deux personnes assises à une table. Elles discutent. Un téléphone vibre. Un regard descend vers l'écran. Une notification apparaît. Pendant quelques secondes, celui qui était là n'est déjà plus tout à fait là.
Ce n'est pas dramatique. C'est même devenu parfaitement ordinaire.
Et c'est peut-être justement cela qui m'interroge.
À cela se sont ajoutés nos habitudes, nos cercles déjà constitués, la prudence, la peur de déranger, celle d'être mal interprété, et cette petite question que beaucoup finissent par se poser devant un inconnu :
« Est-ce que ça se fait encore d'aller simplement lui parler ? »
Je ne crois pas que nous ayons perdu l'envie de rencontrer les autres.
Je crois plutôt que les règles ont changé.
Et que certaines d'entre elles ne nous aident plus beaucoup.
« Ce qui m'intéressait, c'était aussi ce qu'ils découvraient les uns grâce aux autres. »
— Le point de convergence
Un jour, plusieurs morceaux de ma vie ont fini par se rejoindre.
Depuis longtemps, j'avais envie de créer quelque chose autour de l'événementiel. Pas simplement organiser des soirées, mais imaginer des expériences différentes, capables de faire vivre quelque chose aux personnes qui y participent.
Pendant longtemps, cette idée est restée une idée parmi d'autres.
Puis les pièces ont commencé à s'assembler.
Les rencontres qui avaient construit ma propre vie.
Les années pendant lesquelles aller vers les autres avait été difficile pour moi.
Les milliers d'heures passées à observer des groupes et à voir ce qui devenait possible lorsque les barrières tombaient.
Et ce sentiment grandissant que, dans un monde extraordinairement connecté, nous avions peut-être besoin de recréer des espaces dans lesquels il redevient simplement naturel de se parler.
White Hat n'est donc pas né de la question :
« Quel nouvel événement pourrions-nous organiser ? »
Il est né d'une autre question :
« Comment recréer des conditions dans lesquelles les gens peuvent réellement se rencontrer ? »
Nous ne pouvons pas décider de ce qu'une rencontre deviendra.
Une conversation de dix minutes. Une amitié. Une histoire d'amour. Un projet. Un voyage. Une personne que l'on ne reverra jamais mais dont on se souviendra longtemps.
Tout cela appartient aux personnes qui se rencontrent.
Nous pouvons seulement essayer de faire en sorte que la rencontre ait une chance d'exister.
Et c'est de cette conviction qu'est né White Hat.

Pourquoi « White Hat » ?
Le nom vient d'un univers que je connais bien : celui de l'informatique.
Dans le monde de la cybersécurité, les White Hats sont les hackers bienveillants. Ils connaissent les systèmes, leurs règles et leurs failles, mais utilisent leurs compétences pour protéger, améliorer ou rendre les choses plus sûres. C'est aussi ainsi que le Guide de référence définit l'origine de notre nom.
J'ai toujours aimé le paradoxe.
Emprunter un symbole du monde numérique pour défendre la vraie vie et les relations humaines réelles.
Et j'aime plus encore l'idée qui se trouve derrière le mot hack : regarder les règles, comprendre pourquoi elles existent et accepter parfois de les détourner lorsqu'elles ne produisent plus ce dont nous avons besoin.
C'est devenu notre état d'esprit.
Nous n'allons pas apprendre aux gens à se rencontrer.
Nous allons essayer de changer les conditions dans lesquelles ils se rencontrent.
C'est cette réflexion qui nous a conduits à imaginer notre concept de Social Hack® : hacker certains codes, faire tomber certaines barrières et offrir de nouveaux possibles.

Et l'histoire ne fait probablement que commencer.
White Hat est né de rencontres.
Il grandira par d'autres rencontres.
Je ne sais pas qui se rencontrera lors d'une soirée White Hat. Je ne sais pas quelles personnes se reverront, lesquelles deviendront amies, auront une idée ensemble ou partageront simplement une conversation qu'elles seront heureuses d'avoir vécue.
Et je crois qu'il ne faut surtout pas chercher à le décider à leur place.
Notre rôle est plus simple.
Créer les conditions. Faire tomber quelques barrières. Puis laisser les humains faire ce qu'ils savent faire depuis toujours : se découvrir.
Ce qu'il adviendra ensuite de ces rencontres leur appartient.
Et c'est probablement ce qui rend toute cette aventure aussi passionnante.
Valéry Comte
Fondateur de White Hat Co